Le Haras des Presnes

L'histoire et l'actualité du Haras des Presnes, un équipement intercommunal dédié à la pratique du cheval pour tous.

Les premiers développements du Site des Presnes

La Communauté de Communes du Pays du Gois est notamment connue pour ses élevages de chevaux de selle, notamment à Saint Gervais où, en 1932, la Société Hippique Rurale de Saint Gervais (première en France) voyait le jour. Si la première station des haras fut mise en place à Saint Gervais en 1846, depuis 1994, elle a été transférée sur le site des Presnes. De nouveaux locaux, dont la Communauté de Communes est maître d’ouvrage, accueillent désormais les chevaux.

Au départ, les installations comprenaient des écuries et des dépendances pour les étalons et les juments soit : 8 boxes étalons, 20 boxes juments, un hangar, cour de monte, laboratoire et fumière, bureau scellerie, carrière hippique ; des prairies et trois gîtes ruraux.

Le site était occupé par les Haras Nationaux (ils occupent habituellement les lieux du mois de mars au mois de juillet et ce chaque année), un Poney Club (présence à l’année) et la Société Hippique Rurale, laquelle intervient dans le cadre de l’organisation de ses concours hippiques, localisée sur la Ferme des Presnes à Saint Gervais.

La Communauté de Communes a souhaité voir se développer sur le site un véritable pôle « cheval » afin qu’il participe à la dynamique locale touristique, en apportant un nouvel et attrayant élément de diversification économique au regard des différentes actions menées sur le canton de Beauvoir sur Mer.

Différents niveaux de mise en œuvre ont été institués et le premier consistait en la réalisation d’une quinzaine de boxes afin de proposer un outil adapté au site des Presnes et aux besoins des professionnels.

En 2004, la CdC a donc lancé une grande opération comprenant la construction d’une écurie, d’un manège, d’une fumière, d’un bâtiment de stockage de fourrage, d’un manège couvert ainsi que l’aménagement d’un club house.

L’objectif consistait à donner à la zone des Presnes un intérêt tout particulier en apportant une valeur économique plus forte à l’ensemble du territoire. L’activité équestre, ayant à la fois une dimension économique et caractéristique du monde rural, se trouverait ainsi intégrée à un projet touristique de grande envergure.

 

Il s’agissait ainsi de :

  • Valoriser l’histoire culturelle et les pratiques locales
    • Le touriste est de plus en plus demandeur d’équipements de culture et d’animations. L’émulsion créée par la présence de professionnels et le développement de l’utilisation dans le domaine des loisirs du cheval auraient un impact non négligeable dans le développement du secteur. La présentation des chevaux haut de gamme répondrait aux nouvelles attentes des touristes.
  • Développer le tourisme et l’économie locale
    • Le développement du pôle cheval autour des partenaires potentiels de la Communauté de Communes visait des retombées économiques importantes et ce selon plusieurs axes :
    • En diversifiant les activités liées à l’élevage
      • Le projet consistait à développer sur le site une activité de dressage et d’entraînements de chevaux haut de gamme.
      • L’utilisation du site des Presnes comme lieu de présentation et de négoce des chevaux ainsi formés y ajoutera un attrait supplémentaire et constituera le fondement d’un marché économique lié à cette activité. Il donnera à l’élevage du cheval un nouvel essor. Cette dimension, associée à la station de monte des Haras Nationaux, donnera une cohérence forte au site, berceau du cheval de selle français.
    • En valorisant la découverte du patrimoine par le biais du tourisme équestre de randonnée
      • Sur le canton de Beauvoir sur Mer s’offre un « terroir » aux qualités indéniables :
      • Un milieu naturel préservé
      • Une présence importante de l’eau (quelques 600 hectares de surface en eau salée ou douce sur le canton).
      • Des espaces à fréquenter en toute saison pour en saisir l’ensemble des aspects… Les huîtres sont meilleures dans le mois en « r », l’eau est plus abondante et les prairies plus vertes au printemps et à l’automne… C’est aussi au cours de ces deux saisons que l’on peut voir les oiseaux migrateurs…
      • La Communauté de Communes possède donc un environnement de qualité, qui constitue un atout primordial pour le tourisme vert. Sa protection est un enjeu pour préserver l’attractivité du secteur et le développement du tourisme de randonnée équestre peut être un moyen pour comprendre et apprendre la pratique des lieux. Il y a lieu d’imaginer la succession possible de plusieurs modes de déplacements dans le cadre d’un itinéraire donné…Par exemple : aller vers un point en canoë, déjeuner, revenir en deux roues ou à pied…
    • En développant une clientèle touristique liée à la pratique du cheval
      • L’équitation se trouve souvent bien placée dans les intentions ou souhaits de l’opinion publique. Ils expriment souvent de pratiquer l’équitation sous forme de promenade et de randonnée. On y retrouve la notion de liberté liée à la pratique du « Tourisme Vert » avec le plaisir du cheval lié au contact de la nature.
      • On peut donc considérer qu’une personne de renom sur le site pourrait augmenter le nombre de pratiquants actuellement inscrits au Poney Club.
      • Les scolaires, en liaison avec la Classe Départementale du Patrimoine Histoire et Naturel mise en œuvre par le Conseil Général sur le site du Port du Bec à Bouin, constitue également une cible de choix.
      • Enfin, la randonnée équestre constitue un potentiel non négligeable et elle est demanderesse de circuits-découvertes qui sillonnent la campagne. Sensibles à la qualité de l’accueil, de l’animation et des sites parcourus, ces touristes pourront se fidéliser ou du moins contribuer à un « bouche à oreille » favorable.
    • En développement les hébergements adaptés à une clientèle sportive et touristique
      • La Communauté de Communes souhaitait privilégier l’existant, l’ouvrir sur l’accueil touristique et le tourisme équestre. Cette forme de tourisme popularise d’ailleurs la pratique du cheval et connaît un essor, ce qui implique un développement des structures d’accueil.
      • L’hébergement pourrait se développer selon plusieurs axes :
        • Initiatives privées
          • Chez l’habitant, dans un cadre intéressant le bâti ancien
          • Petites opérations d’habitat de vacances (habitat léger ou dur)
          • Terrains de camping
        • Initiatives publiques
          • Politique d’aménagement des terrains de camping existants – prévoir du foncier pour les agrandir.
          • Et surtout, recherche de satisfaction d’un besoin d’accueil Jeunes et Groupes qui fait défaut sur le secteur.
    • En développant les activités sportives
  • La dynamique créée consistant à préparer des chevaux de haut niveau pour des épreuves internationales développera l’intérêt du public au concours complet et la passion de cavaliers de tous niveaux.
  • Les concours hippiques organisés par la société Hippique Rurale connaissent chaque année un engouement croissant et la présence d’un sportif de haut niveau ne peut que confirmer cette tendance.
  • Le plan de financement de cette opération était le suivant :
 Financement  %  Montant
 Conseil Régional 18,60% 237 000,00€
 Conseil Général  27,50%  349 637,40€
 Dotation de Développement Rural  15,75%  200 073,19€
 Jeunesse et Sport  3,15%  40 000,00€
 Communauté de Communes  35%  444 698,16€
 Total  100%  1 271 408,75€

De nouvelles modalités de gestion pour cet équipement

La problématique consistait à faire travailler ensemble des acteurs publics et privés en vue des objectifs poursuivis par la Communauté de Communes, en particulier l’optimisation d’un site équestre à fort potentiel régional voire national.

Le contexte était le suivant :

  • Opération pilotée par une collectivité locale publique
  • De nombreux acteurs de tous statuts concernés par le projet : acteurs publics et privés, à but lucratif ou non.
  • Un enjeu de filière, d’aménagement et de développement concerté, fruit d’une politique publique. Dans un cadre rural, le projet implique à la fois le monde agricole et sa diversification vers les loisirs et le tourisme, le sport et l’industrie touristique.
  • Le site par sa mise en réseau d’acteurs locaux doit servir de point de fixation à un ensemble d’emplois qui constitueront un projet d’aménagement du territoire, vecteur de retombées économique, touristique et médiatique pour celui-ci.

La volonté consistait à établir une structure pérenne apte à faire face à l’évolution des données économiques, sociales, politiques et les volontés nouvelles. La solution doit mobiliser, faire se coaliser de nouvelles dynamiques dans le temps sans exclure le but initial de la collectivité. Le souhait de la collectivité est d’éviter une lourdeur dans la prise de décision, une dilution des responsabilités et la multiplication d’enjeux de pouvoirs.

Au regard de la problématique et de la volonté retenue, il était donc souhaitable de scinder l’organisation entre :

  • la structure politique, – la Communauté de Communes, qui initie, décide et contrôle l’exécution, sans s’impliquer directement dans la gestion opérationnelle des équipements concernés ;
  • une structure exécutante rendant compte de la réalisation du projet à la collectivité.

Ainsi, la collectivité publique fédère et décide, sans se perdre dans les tracasseries opérationnelles. Elle suit les projets dans une unité de conception et de réalisation.

Par ailleurs, l’objectif de l’opération n’est pas pour la Communauté de Communes d’envisager de faire des bénéfices même si celle-ci souhaite atteindre un équilibre pérenne.

De plus, au-delà de la nécessaire contractualisation entre utilisateurs actuels du site, la structure gestionnaire devra pourvoir à son développement, notamment en accueillant des acteurs supplémentaires et en organisant elle-même des actions.

En effet, le développement du site équestre des Presnes permettra de diversifier l’offre touristique locale ; cela contribuera à l’animation et au dynamisme de la Communauté de Communes, en proposant un nouvel équipement attrayant et original s’appuyant sur les racines et la culture locales.

Le site a donc eu comme objectif de structurer l’offre en outils techniques, de proposer un site de compétition à vocation hippique et de dynamiser la filière équine vendéenne. Le développement de ce site équestre doit favoriser un rapprochement entre la filière sportive et la filière élevage. Les installations seront, en outre, mises à la disposition des éleveurs et des cavaliers individuels, amateurs ou professionnels (pour ces derniers, les installations du site permettront de valoriser leurs chevaux). Voir note de présentation ci-jointe (« état des lieux ») : usagers existants, organisation actuelle,…

Un des objectifs de la structure gestionnaire ou du mode de gestion (régie, DSP,…) était également de renforcer l’attractivité touristique du site par la mise en place de manifestations et de spectacles destinés à accueillir touristes, visiteurs et promeneurs. Le site des Presnes se situant en zone littorale, à proximité d’importants bassins émetteurs de public touristique et à proximité d’axes de transit touristique très fréquentés, il est appelé à constituer à la fois un outil d’animation touristique et une vitrine de la filière équine.

Le manège et les carrières, ainsi que le spring-garden permettront l’organisation de concours de haut niveau, mais également de diverses manifestations, spectacles et évènementiels équestres, en toutes saisons, ce qui viendra à renforcer l’attractivité touristique en jouant autant sur l’aspect sportif que sur l’aspect spectaculaire de l’équitation.

La structure gestionnaire devait donc prendre en charge de gérer ces équipements en lien avec les acteurs du site mais également d’en développer les activités auprès des professionnels et d’un public moins averti, notamment par des actions de sensibilisation socio-éducatives (scolaires, centre de loisirs, …) et des activités d’attelage (loisir, compétition, stage et formation, l’organisation de randonnées montées ou attelées,…).

La Communauté de communes a donc confié au CABINET ERNST YOUNG, en septembre 2007, une Mission de conseil juridique et d’assistance à la maîtrise d’ouvrage permettant à la Communauté de Communes de décider du mode de gestion du site équestre des Presnes. La proposition a été de créer une délégation de service public.

Suite à la procédure effectuée en application de l’article L.1411-12 du Code Général des Collectivités Territoriales, la Communauté de Communes du Pays du Gois a attribué, pour une durée de 84 mois à compter du 1er juin 2010, un contrat de délégation de service public pour l’exploitation et le développement des activités sportives et culturelles du site équestre des Presnes (sous la forme d’un affermage) à « l’Association pour le Développement du Site Equestre des Presnes » (A.D.S.E.P).

Un nouvel aménagement pour le site des Presnes : la carrière

Le Haras des Presnes est constitué, pour la pratique de l’équitation, d’un manège, d’une grande carrière (80×60) et d’une carrière de détente. Ces équipements doivent permettre au site de vivre et de se développer.

A l’heure actuelle, la qualité de la grande carrière ne lui permet plus d’être utilisable. Elle est donc devenue impraticable entrainant de ce fait une suractivité du manège. L’été, et tout particulièrement lors du CSO national 2 de Saint Gervais, l’équipe technique du concours devait arroser tant et plus avant et pendant le concours pour que celle-ci puisse devenir praticable. Une quantité impressionnante et démesurée d’eau est alors déversée en plein mois de juillet sans oublier le rajout de sable chaque année sur la carrière (pour en moyenne 3000 euros), celui-ci s’écoulant le reste du temps avec les eaux pluviales du fait de la pente importante de la carrière.

Aujourd’hui, la carrière ne peut donc plus être considérée comme un outil de travail, aussi bien pour les organisateurs de manifestations ( EE des Presnes, A.D.S.E.P, locataires potentiels ) que pour les utilisateurs du site. D’ailleurs, en 2012, l’Ecole d’Equitation n’a pas organisé de compétitions, pour des raisons de sécurité et de responsabilités; également, elle ne dispense plus de cours dans la carrière. Pour les mêmes raisons, l’ADSEP ne peut plus proposer la carrière en location.

La Communauté de communes a donc décidé de procéder à l’aménagement de cette carrière afin de :

  • Mettre en avant un site équestre vendéen par le biais d’infrastructures diverses et de qualité pour l’organisation et l’accueil de manifestations équestres en tout genre, de tous niveaux et de toutes disciplines ainsi que la pratique de l’équitation du loisir au perfectionnement aux adhérents et licenciés dans des conditions optimums pour le cavalier et sa monture.
  • Développer l’importance du site, devenir polyvalent, dynamique et omniprésent aussi bien au niveau des sports équestres que dans la pratique de l’équitation.
  • Accueillir un public le plus large possible : collégiens, handicapés, cavaliers, … pour la pratique de l’équitation.

Le coût total du projet initial étant pour l’instant trop important, un aménagement de la carrière en 2 phases a été envisagé. La 1ère phase consiste à

  • la rendre réutilisable: enlèvement du sable, remise à plat avec 1% de pente, puis repose du sable existant. Ainsi il n’y aura plus de ravinement
  • la sécuriser: mise en place d’une lisse aux normes FFE (actuellement hors service et non conforme à la législation en vigueur)
  • à diminuer du coût d’arrosage sur le site: construction d’un puits pour remplacer l’arrosage actuel uniquement par l’eau de la ville pour installation équestre et espaces verts.

Cette première phase de travaux permettra la :

  • Remise en place des concours départementaux proposés par l’Ecole d’Equitation, qui profitent aux clubs locaux (frais de déplacements moindres…)
  • Multiplication des possibilités de location de la carrière par l’ADSEP
  • Remise aux normes de l’outil de travail pour les locataires. (dont les loyers représentent + de 50% des rentrées du site)

La 2ème phase de travaux consistera dans le changement de la couche supérieure, c’est-à-dire changer le sable pour une surface plus moderne (comme le sol du manège) afin de permettre :

  • Attrait réel pour louer la carrière
  • Economie d’eau
  • Augmentation du nombre de manifestations (mise en place plus simple, moins tributaire de la météo, plus de participants…)
  • Remise en place des concours d’élevage « Société Hippique Française », disparu depuis 10 ans pour agrément technique perdu.
  • Proposer des compétitions de plus grande envergure, car correspond à des normes techniques de niveau d’épreuve supérieure: remise en place du National 2 sur plusieurs jours avec animation locale (économie locale, …), qui a toujours eu un grand succès populaire à Saint Gervais.
  • Le Site des Presnes pourrait réintégrer le challenge d’été des Nationaux (Challans, Les Sables, Saint Jean de Monts, La Baule)
  • Possibilité de répondre à des appels d’offres de niveau national voir international ; on répond à toutes les normes techniques pour sol équestre, quelles que soient les disciplines
Cette première phase de travaux d’aménagement de la carrière est prévue pour 2013 et la seconde pour 2014.